01 septembre 2005

Participation au débat de la famille socialiste

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Sommaire :

1) Pour un monde plus juste
2) Pour une jeunesse citoyenne
3) Pour un avenir partagé
4) pour une conscience européenne


Petit retour sur la Charte des valeurs du MJS…
Nous saluons l’initiative de la Majorité d’établir une charte des valeurs du MJS, le classement des valeurs censées caractériser le Mouvement voire la famille socialiste nous interpelle cependant, nous qui avons fait le choix de baptiser notre sensibilité JUSTICE. 

La Justice est le principe même de nos batailles, le moteur de nos combats.
Son idée dissipe la confusion en liant l’ensemble de notre corpus de valeurs.
          
Toute conscience citoyenne est en effet confrontée, fut un temps, à l’antagonisme qui apparaît entre 2 valeurs pourtant fondatrices de notre combat : la Liberté et l’Egalité. Antagonisme apparent vite surmontable. Car nous pensons au contraire que ces idées sont tout à fait conciliables, et même complémentaires, lorsque nous analysons les raisons de notre combat.
La Liberté et l’Egalité ne sont pas à mettre simplement sur le même plan afin de créer des clivages grotesques. Notre combat est comme l’évolution de ces deux notions l’une vers l’autre. Et c’est l’idée de Justice qui assume cette progression.

L’action politique que nous défendons est celle qui vise à créer les conditions collectives du bonheur de chacun, celle qui tend vers un idéal de Liberté véritable. Alors que l’ultralibéralisme économiste aliène et isole de plus en plus l’individu, nous devons réaffirmer que notre combat est un combat humaniste, celui de la Liberté. Seule une société solidaire peut garantir l’épanouissement de chacun et lui assurer la conscience d’être libre. Il n’est pas inutile après 100 ans d’histoire et avec toujours autant de turbulences dans notre famille politique d’identifier nos valeurs et de rappeler que la finalité du socialisme est l’émancipation de chaque être humain. Or, il ne peut y exister de monde libre sans justice, et de justice sans égalité. C’est par l’effort pour toujours plus de Justice que doit se concrétiser l’Egalité et ainsi permettre l’épanouissement de tous.

Notre sensibilité veut participer à la réflexion d’un projet commun qui place l’éveil citoyen au centre de ses préoccupations. Le chacun pour soi et le désintérêt envers la politique ne sont pas des fatalités, les propositions les plus audacieuses devraient nous permettre de repenser le vivre ensemble. Avril 2002 et mai 2005 soulignent autant une crise politique et sociale qu’un individualisme triomphant.
Le devoir de la famille socialiste est désormais de réfléchir aux différentes voies qui permettent de faire évoluer l’état d’esprit d’une société.

L’espoir n’est jamais bien loin, il suffit d’être déterminé à le raviver, et d’être fidèle à son combat avec sincérité et humilité.
Si nous avons fait le choix de présenter ce texte c’est parce que nous pensons que l’autonomie du MJS, si elle existe, doit nous permettre d’avancer dans nos propositions en dehors des guérillas internes au PS.
Notre organisation a un devoir grandissant devant une jeunesse de plus en plus exigeante, mais aussi désemparée face à un avenir qui s’obscurcit. Nous devons l’écouter sans prétention, et cerner ses peurs et ses envies.
C’est parce que nous aimons le MJS que nous espérons qu’il sera à la hauteur.

1) Pour un monde plus juste

Redonner toute sa place à la valeur travail.

Le travail doit être au cœur du projet socialiste de part son accessibilité, ses conditions, sa rémunération… Il est en première ligne dans un combat pour plus de justice et doit mener à penser les rapports entre pénibilité du travail et âge de la retraite, démocratisation de l’entreprise et participation des employés à la vie de celle-ci autant qu’aux bénéfices générés.

Les inégalités de revenus sont difficilement symétriques aux inégalités dans la pénibilité du travail, la notion de mérite semble assez confuse quant à sa rémunération. L’imposition sur le revenu et les patrimoines reste donc un outil privilégié pour plus de justice. Les problèmes qui trop souvent nous éloignent de la valeur travail sont liés à la propriété, à l’actionnariat…et restent toujours sous l’influence du profit, déshumanisant l’action.

Les rapports des individus au travail changent, il faut donc tenter de les accompagner par la mise en place d’une FORMATION EVOLUTIVE qui, au-delà des formations initiale ou continue, permettrait à chacun de suivre la formation qu’il souhaite sans nécessairement rester dans son domaine d’activité. La polyvalence d’un employé reste un critère de performance alors même qu’elle lui permet d’élargir ses choix. Une semaine de formation par an correspondrait sur une vie à une année d’étude supplémentaire. Cette proposition pourrait être étendue aux demandeurs d’emploi qui se détourneraient ainsi d’une inactivité désolidarisant le citoyen et bénéficieraient alors d’une formation complémentaire. Une telle formation pourrait s’entendre sous forme d’université populaire.
                                                                         
Pour la jeunesse, il nous semble urgent qu’une reconnaissance claire de l’autonomie des jeunes actifs et des étudiants salariés soit faite afin qu’ils soient égaux vis-à-vis des jeunes vivant encore avec l’aide parentale. L’autonomie financière n’est pas forcément un choix, un système juste doit le reconnaître.

Egalité Femmes & Hommes

Triste est de constater qu’il faille au XXIe siècle des lois pour faire respecter une certaine « égalité » entre les Femmes et les Hommes dans la vie politique de notre démocratie.
Nous n’admettons pas cependant le principe qui nie l’égalité réelle par la discrimination. Il est du devoir des socialistes de se battre pour l’égalité des salaires entre les Femmes et les Hommes et pour toute autre avancée significative plutôt que de s’enfermer dans le piège de la discrimination positive. La parité pour être assumée doit être accompagnée d’une évolution du mode de pensée ; militons pour changer les mœurs !

Logement :

Un logement pour tous doit bien sûr rester au cœur du combat socialiste.
Pour les jeunes, nous rappellerons les initiatives prises par certains Conseils régionaux avec la prise en charge des cautions. Ces dispositifs devraient pouvoir se multiplier davantage aidant concrètement les jeunes à
accéder à une véritable autonomie.

Nous proposons par ailleurs une rénovation du système d’A.P.L. qui accorde actuellement plus d’aides aux appartements les plus onéreux, et handicape les étudiants salariés et les jeunes actifs puisque disposant de revenus propres. 

2) Pour une jeunesse citoyenne

La priorité du MJS ? La jeunesse !! Alors à nous d’être proche des jeunes, à nous de montrer ce qui nous différencie de nos aînés, à nous d’oser innover dans nos pratiques militantes, efficacement, et non pas en faisant mumuse à « la politique politicienne » !

Nous ne pensons pas que ce sont les relations entre le Peuple et la politique qui se sont désagrégées, nous pensons plutôt qu’il s’agit aujourd’hui de refaire de la politique. Retrouver le sens véritable de l’engagement et parvenir à le faire partager, donner à chacun la chance de pouvoir participer à la vie politique…autant de pistes pour retrouver la motivation citoyenne devant vaincre les peurs et les fascinations qui poussent vers une irrationalité individualiste.

Nous devons donc militer pour toujours plus de démocratie participative, et affirmer davantage la nécessité de la pratique politique, et partisane, comme sur les campus aux côtés des syndicats et assoc’.

Pour répondre à certaines visions de la situation politique actuelle et de l’état de notre pays, nous pensons en effet qu’une réforme des institutions est nécessaire, mais cela ne doit pas occulter que tout changement ou rénovation doit s’accompagner de nouvelles pratiques politiques.   

Nous devons replacer l’éthique politique au centre de nos préoccupations et dans le même temps militer pour une responsabilité citoyenne partagée entre tous les acteurs de la démocratie.
La pédagogie et le courage politique alliés à une responsabilisation du citoyen doit nous permettre de construire un projet commun. Pour surmonter les crises politiques et sociales que nous traversons nous devons militer pour une « volonté générale ».

Face à l’individualisme et à la perte de repères nécessaires au vivre ensemble, il nous semble vital pour la République une mise en place d’un SERVICE CITOYEN.
Si Chichi a bien fait de supprimer le service militaire, on peut néanmoins regretter la mixité sociale et la vie en collectivité qu’imposait un tel régime.
Gardons le meilleur et proposons donc quelque chose de plus utile que l’armée. Un service citoyen pourrait s’entendre comme un service rendu à la société par une aide intergénérationnelle (encadrement scolaire, aide aux personnes âgées) ou par une aide aux services publics comme l’entretient ou l’aménagement du territoire. Le service citoyen devrait s’adresser à l’ensemble des jeunes âgés de 18 ans (ou pouvoir s’effectuer en plusieurs étapes suivant le cursus scolaire), être à caractère obligatoire et d’une durée d’un an en divisant l’année en deux expériences différentes. L’objectif doit être de permettre une mixité sociale et de prendre conscience de sa place dans la société. Cette expérience sociale devrait aussi pouvoir intervenir de façon individualisée selon le parcours de chacun.   

Dans le même sens nous pensons qu’il serait judicieux de favoriser les études en internats le plus tôt possible avec une éducation citoyenne et un apprentissage de la vie collective, de soutenir la mise en place d’activités communes interclasses et inter-écoles, et d’initier une demi-journée citoyenne dans chaque établissement par semaine. De plus, nous pensons nécessaire de privilégier un encadrement social et psychologique dès le collège plutôt que des conseils ou services d’orientation peu enrichissant.
La mise en place de cours d’éducation à l’image et d’enseignement sur les médias semble aujourd’hui devoir s’inscrire dans le rôle de l’Ecole à développer l’esprit critique. 

Pour permettre une réflexion plus précoce, nous proposons de placer des cours d’initiation à la philo dès la 3e et d’histoire des courants de la pensée dès la 2nde.

3) Pour un avenir partagé

Comment vaincre l’incertitude généralisée face à l’avenir ?
La complexification du monde, l’incertitude sociale, la précarité globalisent les peurs. Pour redonner confiance en l’avenir, il nous paraît essentiel de nous fixer 3 priorités absolues :

* la recherche comme vecteur de Progrès,
* l’éducation comme vecteur d’Egalité,
* le développement durable comme vecteur d’Espoir.

La recherche et l’éducation doivent venir en aide au développement durable et plus exactement à l’effort écologiste et collectif. Les administrations et collectivités doivent montrer l’exemple et permettre une prise de conscience de chacun dans l’utilisation de chacune des ressources.
Respecter l’avenir peut tout simplement commencer par l’utilisation des transports en communs ou le covoiturage…
Si le développement durable doit permettre l’utilisation de ressources pérennes, celles-ci doivent être utilisables par tous et empêcher d’entrainer d’incessantes instabilités géopolitiques.
Enfin, le protocole de Kyoto doit être impérativement respecté, notre combat international doit s’y atteler. 

4) Pour une conscience européenne

La philosophie de notre sensibilité nous pousse à défendre les efforts de pédagogie dans les pratiques politiques actuelles face à un monde qui se complexifie. Nous pensons que ces efforts sont vitaux pour l’Europe et sa construction, et constatons que le 29 mai n’a pas su leur rendre hommage.
Car si la pédagogie est essentielle dans la construction de notre Communauté, celle-ci est obsolète si elle n’est pas accompagnée d’une démocratisation des instances européennes. Pour autant le courage politique et la rigueur intellectuelle de certains, portés par leur conviction et leur attachement à l’Europe, n’a pas été vain. Car si l’on cherche toujours le plan B, on ne baisse pas les bras !...A nous de motiver l’Europe !

Au niveau scolaire, nous proposons la mise en place d’un cours d’histoire européenne dont le programme serait élaboré par un ensemble d’universitaires de chaque pays de l’Union.

Il paraît également nécessaire d’offrir un voyage minimum d’au moins 10 jours dans un pays de l’Union Européenne pour tous les lycéens.

Notre culture politique s’enracine dans le rêve européen et prouve sa volonté internationaliste. L’Europe doit montrer l’exemple d’une solidarité internationale, le PSE doit pouvoir défendre des instruments de régulation telle que la taxe Tobin et empêcher l’extrême gauche de diaboliser l’Europe.

Enfin, l’ONU doit être réformée…

Une réforme de ses institutions paraît être la meilleure solution pour ne pas revivre des crises diplomatiques telles que celle de 2003 concernant l’Irak…et pour permettre aux peuples de construire ensemble un avenir de paix et un monde de justice et de liberté.

Pour contacter JUSTICE :
justice.mjs@hotmail.fr

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